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HISTOIRE de SAINT-CHRISTOPHE À FLEURINES

Hameau appelé Abbatia Santi Christophori in Halata en 1061.

Fleurines trouve ses origines au mont Hermenc qui culmine à 199 m. Le hameau remonte aux années 875. La petite église dédiée à Saint-Christophe fut remplacée partiellement entre 950 et 960. (contrairement à l'internaute irrévérencieux du site web "freeoise.free.fr" qui affirme que l'église fut construite en 1061 par les moines de Cluny ! )

En 1060, l'abbaye devenue bien pauvre, c'est sans regret que l'évêque Guilbert la céda à Messire Walleran qui la céda à son tour sous le nom de prieuré aux religieux de la Charité-sur-Loire en mai 1061. Le prieuré fut dirigé par un prieur claustral ou conventuel. Les documents qui nous restent, regardent bien plus la vie extérieure, les relations du prieur, les luttes qu'ils ont eu à soutenir pour maintenir leurs droits et les défendre contre des voisins ambitieux et avides, que leur vie intérieure.

On compte 40 prieurs ; le premier étant Raoul I et le dernier François de Bernis en 1765.Les prieurs possédaient le droit de Haute, Moyenne et Basse Justice sur leurs terres. La fourche patibulaire, le pilori et l'échelle étaient placés sur une hauteur pour être aperçus de loin.

Louis Crestel est procureur de Saint-Christophe en 1785. C'est le dernier acte qui témoigne de l'existence du prieuré.

Le prieuré, qui comprenait le château, la ferme et 82 arpents de terre labourables, est mis à prix le 16 juillet 1791. Roustain dépose une soumission de 59.560 livres. Après l'enchère publique, le prieuré est adjugé au Sieur Ignace Sponville qui agissait au nom de Jean Charton chef de la 1re division de la garde de Paris. Ce dernier n'en jouira pas longtemps, attendu qu'il fut arrêté en 1793 ; inculpé dans l'affaire du Champ-de-Mars et condamné par le Tribunal révolutionnaire, il fut guillotiné.

On compte ensuite 12 propriétaires dont le dernier Clément qui en fit don à Caisse d'Assurance Maladie pour y installer un Aérium

LE CHÂTEAU DE SAINT-CHRISTOPHE

Complètement dégradé en 1720, le 1er logis des moines donnait sur le cloitre et datait du début du 12e siècle. Placé au nord du site et construit en 1550, le second faisait face à la Maison de Roy. Ces deux logis, qui comprenaient un rez-de-chaussée, un étage et un grenier avaient jusqu'à 3 pouces de différence d'un plancher à l'autre. Il était pour cette raison impossible de les faire communiquer.

Le 4 juin1764, Jean Devaux de Chantilly fut désigné adjudicataire des ouvrages de constructions aussi bien de l'église que des bâtiments et dépendances du prieuré. Le château de Saint-Christophe construit, en pierre de Chamant sur l'emplacement des anciens logis et du cloitre, présente un plan rectangulaire. Il repose sur une cave accolée à une autre à deux étages. Sa construction dura deux ans. Les murs du potager, de la grange, les portes qui donnaient accès au puits et à la ferme furent démolis pour former une cour régulière. On procéda ensuite à la construction d'un puits proche et commun au château et à la ferme. Contrairement à certaines affabulations, il n'existe aucun souterrain.

                                            ÉGLISE DU PRIEURE DE SAINT-CHRISTOPHE

Pour se rendre à l'église, les fidèles devaient traverser la cour, puis le Cloître qui présentait des colonnes à 7 pieds des quatre murs. Elles supportaient des voutes et délimitaient un parterre. Par les voutes, on pouvait accéder au clocher de l'église. Une porte collatérale communiquait au sanctuaire ; une autre porte, au 1er logis, donnait sur le Cloître. L'église était précédée du cimetière avec, au couchant, un passage à découvert le long du mur mitoyen et à l'orient le porche-préau, en charpente, couvert de tuiles de Fleurines. Ce dernier s'appuyait sur le mur de l'église, garni d'un grand portail par lequel on accédait à l'intérieur et à la tribune qui recevait les orgues. L'église dont le croisillon sud, lié pendant plusieurs siècles à l'église primitive, a été bâtie entre le Xe et XIe siècle.

On pénétrait dans la nef qui englobait la 1re travée centrale. Venait ensuite dans le même axe et de mêmes dimensions un avant-choeur qui communiquait à gauche et à droite avec les chapelles, puis le choeur rectangulaire dont le mur Est donnait sur le jardin du sacristain.

Les travées étaient séparées par des arcs doubleaux, très puissants, aux profils rectangulaires avec gorges et angles ornés de gros boudins de chaque côté d'un méplat. En sortant du choeur, on pénétrait, à droite, dans la chapelle de la Vierge et à gauche dans la chapelle Saint-Jean, toutes deux de mêmes grandeurs. Tous les arcs ogives avaient un profil rectangulaire avec un seul boudin, sauf ceux de la chapelle Saint-Jean qui déployait des arcs doubles. Les formerets étaient constitués d'un méplat et d'un boudin. Les arcs reposaient sur des tailloirs rectangulaires. Ceux des chapelles s'ornaient de petits boudins. Décorés de feuillages aplatis ou de vignes contournées, les chapiteaux variés, d'un style très simple pour la plupart, se liaient aux colonnes cylindriques terminées en bas en culot ou toupie et formaient avec d'autres colonnes des piliers massifs. Le mur du choeur, de chaque côté d'une fenêtre aveugle devant laquelle on avait installé un grand Saint-Christophe du XVIe siècle, était percé, au-dessus de deux crédences et au milieu de sa hauteur, de deux fenêtres romanes décorées d'arcs ogivaux reposants sur deux colonnes. Le mur sud et nord s'allégeaient d'une fenêtre identique aux précédentes, elles aussi au-dessus d'une niche. La chapelle Saint-Jean prenait jour par une baie romane étroite au Sud et à l'Est. La Chapelle de la Vierge recevait la lumière par une verrière à arcs ogivaux encadrant un trèfle.

Extérieurement, les trois baies du midi montrent des ornements de tores en zigzags et violettes. Côté oriental, le mur plein au-dessus des deux fenêtres romanes avec biellettes, est décoré de six arcades du XIIe siècle et à la pointe du pignon d'un oeil-de-boeuf avec tores en zigzag. On peut voir des morillons en têtes grimaçantes.

Le clocher avait la forme d'une flèche haute sur un beffroi qui faisait la tour et supportait les cloches. Il fut réparé en 1721. Il se terminait par un dôme. En 1764, la sacristie qui donnait sur la chapelle de la Vierge fut transformée en écurie par le prieur de l'époque.

Le 14 octobre 1793, le clocher fut entièrement démoli  afin de récupérer les cloches. Le prieuré n'offre plus que les ruines de son église.


  

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LA MAISON DU ROY A SAINT-CHRISTOPHE

Elle faisait face à la Courtille du prieuré. Elle n'avait rien d'un palais. C'était plutôt un rendez-vous de chasse luxueux avec dépendances et colombier (signe de la puissance royale) proche des logis des moines. Les rois y séjournèrent souvent. Édouard III d'Angleterre fut reçu secrètement du 12 au 16 avril 1331 par Philippe de Valois à Saint-Christophe (contrairement à tous les écrits historiques, dont ceux de Senlis). Puis ces bâtiments furent loués en 1554 à trois cultivateurs et ne seront plus cités en tant que demeure royale. Le site se transforma en 1764 lors de la construction du château, de la nouvelle ferme et du logement du fermier. Ce domaine appartient aux propriétaires du Mouton Blanc.

LA PLACE DE SAINT-CHRISTOPHE

Sur cette place, le 30 ventôse de l'An 2, une cérémonie a eu un éclat particulier. La population s'était rassemblée pour assister à la plantation de trois arbres de la liberté, dont un (encore existant) près du calvaire et l'autre à l'entrée du château. Ci-dessous, visible au 1er plan, cet arbre fut abattu en 1912 au cours de l'aménagement de la place ; en face à droite, les communs du château.

  

La place avant son aménagement.
Au fond la Maison du Roy
1955. Saint-Christophe
L'église du prieuré

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