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ÉGLISE SAINT-JACQUES DE FLEURINES


On a beaucoup écrit au sujet de l'église Saint-Jacques et encore maintenant sur le web : mais que de petites phrases erronées. Certains, qui se prétendent historiens, ont affirmé qu'elle datait du XVIe siècle, d'autres du XVIIe siècle. On a, en plus de cela, écrit qu'il n'y avait pas de curé à Fleurines avant le XVIIe siècle et de conclure honteusement que l'église n'existait pas avant cette époque. Et pourtant, les archives et la pierre nous permettent de rétablir la vérité.

Au XIVe siècle, le curé de Fleurines Jean Regnault venait déjà célébrer la messe dans la petite église primitive où reposaient les Reliques de Saint-Christophe. Ce lieu de culte, devenu trop petit pour recevoir tous les fidèles, fut remplacé par l'église actuelle construite par les pèlerins Fleurinois à leur retour de Saint-Jacques-de-Compostelle en même temps que ceux de Senlis (archives départementales). Il n'est pas étonnant que ces bâtisseurs aient choisi Saint-Jacques pour patron de la paroisse. Indéniablement, l'église actuelle succéda au sanctuaire primitif ; les travaux, commencés au cours de l'époque plus calme et d'état économique plus favorable qui suivit la Jacquerie c'est-à-dire vers 1390, se terminèrent en 1419 (cette date est qui plus est gravée à la 2e clé de voûte). De nombreux documents ecclésiastiques et laïques depuis cette date font mention de l'église Saint-Jacques de Fleurines.

De dimensions modestes, elle présente un plan rectangulaire de 22,20 m sur 11,20 m entre murs. Elle est divisée longitudinalement par quatre piliers formant les cinq travées doubles voutées d'ogives aux arêtes prismatiques à trois pans concaves.

En pénétrant dans le sanctuaire, la 1re travée double est occupée par le narthex meublé en partie par le confessionnal et par la cuve baptismale. La nef englobe les trois travées doubles suivantes. La moitié de la dernière est prise par le transept et des stalles. Vient ensuite la travée double du choeur sans abside avec à droite la chapelle de la Vierge.

Le mur, coté sud, est percé de trois fenêtres ogivales à rentrant, dont deux trilobées en chef. Elles sont divisées par un meneau à moulure prismatique.

Datant de 1891et réalisé par Avenet de Paris, le vitrail près du choeur représente "Saint-Gilles patron de Fleurines". C'est à cause de cette légende erronée, qu'aujourd'hui les Fleurinois oublient, ou ignorent, Saint-Jacques, leur véritable patron du village ; c'est bien mal récompenser et respecter les voeux des bâtisseurs de l'église. C'est ignorer aussi tous ceux qui ont écrit au long des siècles la vraie histoire du village. En effet, aucun texte d'église (qu'il soit du diocèse, de l'évêché ou de Rome), ni laïque ne fait mention de Saint-Gilles quant à sa nomination en tant que protecteur de la paroisse ; ne sont mentionnés (uniquement) que Saint-Jacques et Saint-Christophe. L'église Saint-Jacques est pourtant citée dans les archives de Cluny, de la Charité-sur-Loire, (voir les archives nationales dont celle, entre autres, de 1425 série A, n°11, 3e partie) mais en aucune façon Saint-Gilles ; ce dernier n'est simplement cité qu'à l'occasion des fêtes qui se déroulaient après les travaux d'été. Ici se sont imposées, au détriment du souvenir et de la réalité, les directives d'une classe aisée qui avait offert le vitrail représentant Saint-Gilles à une époque où la commune avait engagé ses faibles ressources dans de gros travaux d'aménagement et de recherche d'eau (rappelons que tous les vitraux avaient été plus ou moins détériorés à la Révolution et en 1870). Il ne suffirait qu'un simple geste du clergé actuel pour rétablir la vérité. " Rendons à César ce qui appartient à César " ; rien n'empêche le corps ecclésiastique de mettre en pratique cet adage populaire et être qui plus est en parfaite harmonie avec les doctrines religieuses et morales qu'il enseigne.

Le choeur de l'église Saint-Jacques est garni de deux grandes fenêtres tripartites à têtes tréflées. Le bas-côté gauche prend jour par cinq verrières géminées, de mêmes formes et de mêmes dimensions que les deux précédentes.

Remanié en 1520 par Guillaume Liénard, maçon à Saint-Christophe, le grand portail est formé d'une ogive divisée en deux portes à anses de panier, surmonté d'un tympan avec trois niches pour saints et divers ornements, dont les coquilles ( les statues Saint-Jacques et de Saint-Christophe ont été déposées à la Révolution. Un portail plus petit, placé à gauche du principal, est aussi à anse de panier. Le pignon occidental est percé de trèfles de part et d'autre du contrefort central. Entre chaque contrefort, lié aux colonnes engagées, les verrières à deux arcs ogivaux atténuent l'austérité de la construction.

Le clocher carré, à sept contreforts, est latéral. Il est terminé par une flèche hexagonale. Comme toutes les paroisses, celle de Fleurines était administrée par une fabrique dont le rôle n'était pas culturel, mais financier. Elle était constituée d'un conseil et d'un bureau de marguillers. Le prieur de Saint-Christophe avait le bénéfice des revenus de l'église ; il en avait les charges, sauf pour la nef et le clocher.

  

LES PRESBYTÈRES - LA CLOCHE

Jusqu'en 1750, le presbytère était à Saint-Christophe. Il s'élevait à l'angle nord-ouest formé par l'actuelle route de Saint-Christophe et le chemin vicinal nº 2. On peut voir encore les vestiges dans le jardin cultivé par les propriétaires du Mouton Blanc. C'était une simple demeure qui comprenait une cuisine, une petite chambre de 14 pieds sur 12 pieds, et une autre plus importante contenant 17 pieds de long sut 16 pieds de large ; elle faisait face au midi. Cette demeure était percée sous le pignon qui donnait au sud, d'une grande fenêtre à deux battants et d'une demi-croisée. Devenue inhabitable, on décida de loger le curé de Fleurines près de son église. 

Le 28 octobre 1751, le clergé acheta, rue du Puits des Frièges, un terrain et une masure qui fut démolie et reconstruite avec les matériaux de démolition. Le nouveau presbytère comprenait un corps de logis de 8 pièces, un grenier, une cave, une cour avec un puits devant et derrière le jardin planté d'arbres fruitiers et de vignes. À l'extrémité ouest du jardin, clos d'un mur, une porte permettait l'accès au cimetière et à l'église. Sur ce jardin que sera construite, entre 1961 et 1962, l'actuelle Salle des Fêtes.

À gauche, la seule des trois cloches qui existaient dans le clocher avant la Révolution. Elle fut baptisée le lundi 16 juin 1777. Elle se nomme Marie-Martin, des prénoms de sa marraine Marie Magdeleine Martin-Alargent. L'électrification de son système date de 1968.

  

L'église de Fleurines
La cloche Marie-Martin
Au fond à droite le presbytère

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