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LA CROIX SAINTE-MAXENCE DE FLEURINES

Selon le peu d'archives que nous avons, érigée entre le 10e et le 11e siècle, la Croix Sainte-Maxence serait par voie de conséquence l'un des plus anciens monuments de Fleurines. L'histoire nous raconte que la Sainte serait morte non loin de Pont-Sainte-Maxence et que dans cette dernière ville une église fut bâtie pour la célébrer. Il est étonnant de trouver ladite croix élevée en bordure de notre village sans autre argumentation écrite. À Fleurines, depuis des temps immémoriaux, on pense que la Sainte fut décapitée à l'endroit où fut dressé le monument. C'est fort possible... les historiens ont tant et si bien fait tomber Fleurines dans l'oubli au profit des cités voisines que toutes les hypothèses sont permises. Curieusement dans l'Oise, c'est le seul endroit qui témoigne de l'existence de la Sainte et ce n'est certainement pas sans raison.

Elle fut restaurée en 1989. Depuis des siècles, les enfants du catéchisme venaient y prier.

LA FÊTE DES BRANDONS

La fête des feux des Brandons était fixée au premier dimanche de Carême. La nuit venue, un cortège de fidèles, munis de torches allumées (les brandons) se rendait en dansant sur la colline (les instruments de justice étaient encore à cette époque installés près du prieuré). Cette manifestation remonte à des temps très anciens. On pense qu'elle est un souvenir des fêtes de Cérès, qui cherchaient jour et nuit par terre et par mer, sa fille Proserpine enlevée par les princes de l'enfer, devait pour s'éclairer la nuit, allumer un flambeau. La croyance veut que l'enlèvement de Proserpine soit une allégorie qui rappelle le temps où les semences ne germaient pas. On portait ipso facto des brandons pour conjurer le sort et on en profitait de cette occasion pour les agiter en dansant sous les branches afin de préserver les arbres des maladies.

Ces vestiges d'un culte profane que maintenait la jeunesse, plutôt occupée à tenir des propos galants et à danser jusqu'au lendemain, furent condamnés par les prieurs. La Chandeleur serait un reste de cette fête d'autrefois transformée par l'église chrétienne.

  

LE CHÊNE A L'IMAGE

Une autre tradition nous ramène au Chêne à l'Image.

On avait coutume dans l'antiquité d'honorer les arbres en accrochant des morceaux d'étoffes et des colliers aux branches. Les Gaulois leur attribuaient un caractère divin. Cette idolâtre résista jusqu'au 8e siècle, et pour la détruire, l'église dut sanctifier certains arbres en leur attribuant le nom d'un Saint en y installant des reliques, comme la statue qui était placée dans une cavité creusée dans le Chêne à l'Image.

Un pèlerinage au Chêne à l'Image est attesté en 1587 par les témoignages d'Adrien Bourdoise, fondateur du Séminaire de Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris.

On ne sait pas exactement combien de temps se sont maintenus les pèlerinages après la Révolution. Ils furent rétablis en 1950. Les derniers rassemblements remontaient en 1975. Ils furent rétablis après la parution de l'ouvrage " Histoire de Fleurines et de Saint-Christophe "

  

LA FÊTE DE LA BRIOCHE

Elle remonte au 15e siècle. Le clergé, qui se réjouissait de la fin de la fête païenne des Brandons à cette époque, favorisait la renaissance d'une coutume moyenâgeuse qui était de festoyer le Jeudi Saint à l'occasion du lavement des pieds des pauvres afin d'imiter l'exemple du Christ. Abolissant un rite ancien, l'église créait à la place, une cérémonie de caractère analogue. Le prieur, en cette occasion, offrait une mine de blé que les marguilliers transformaient en pain et distribuaient aux indigents le lundi de Pâques. Durand des siècles, un cortège formé près du grand porche de l'église, après la messe, parcourait les rues du village en chantant pour remercier les bienfaiteurs. Les filles, vêtues de blanc, offraient le pain béni. Ce pain était transporté sur une sorte de brancard ovale garni de drap blanc et fleuri de jonquille. Une charrette, tirée par un âne, suivait et portait le pain qui ne pouvait tenir sur le brancard porté par quatre jeunes hommes.

En 1830, le pain fut remplacé par un gâteau plus appétissant qu'on nomma plus tard brioche. Cette dernière était offerte à chaque foyer, contre obole. Le bénéfice allait à la Caisse du Bureau de Bienfaisance. Après 1870, la recette permettait de payer le pâtissier et de festoyer le soir avant le bal public. En 1875, la dernière brioche était distribuée sur la place au cours de ce qui deviendra le saut de la brioche réservé aux jeunes gens. On utilisait en cette occasion le mât de cocagne. Celui qui décrochait la brioche avait le droit de danser avec toutes les mariées de l'année. Les indigents n'étaient pas oubliés.

Au 20e siècle, la fête de la brioche ressemble plus à un carnaval qu'à une fête de charité. Au fil des ans, le rite a tant et si bien changé et évolué, qu'il n'est plus possible d'en comprendre le sens de l’histoire.

Le saut à la brioche s'effectue actuellement en face de la maison forestière.

  

Au chêne à l'Image

       LA FÊTE DITE PATRONALE DE FLEURINES OISE

Pourquoi Saint-Gilles et non Saint-Jacques ? Le but recherché était d'éviter une interruption pendant les travaux d'été comme ce fut le cas au cours des trois siècles précédents lors de Saint-Jacques que l'on célébrait le 25 juillet. Les réjouissances lors de Saint-Gilles, se déroulant bien après la fin des moissons, augmentaient par voie de conséquence l'importance du rôle social que le peuple accordait au rite religieux et aux phénomènes de la nature. À l'image de la société, elle a évolué et perdu aussi toute signification agraire au bénéfice des décibels. Imposée arbitrairement fête patronale au 19e siècle, pour la bonne raison que le patron de Fleurines est Saint-Jacques et non Saint-Gilles, elle est célébrée sur trois jours début septembre. Elle se tenait sur la Place du jeu d'arc, rue Pasteur, ensuite sur la place principale, après la suppression du cimetière et actuellement sur le terrain de sport rue de Verneuil.

Notre Saint patron Saint-Jacques est vraiment oublié de toute manifestation.

AUTRES FÊTES

Saint-Christophe, patron des automobilistes, ne fut fêté que quelques années seulement après 1920. La bénédiction des voitures attirait de nombreux voyageurs.

La Saint-Jean était l'occasion d'allumer un grand feu, dans la nuit sur la place au sud du village. Le feu à peine allumé, un jeune homme rompait la ronde formée autour du bucher béni par le curé. Il grimpait ensuite au mat central pour y accrocher un bouquet d'anthyllis et de petites centaurées qui, croyait-on, écarteraient les démons et la foudre.

À la fête des brandons succédèrent le carnaval et le charivari. Hélas ! profitant du déguisement, devant des maisons dont les habitants étaient jugés déplaisants, des personnes masquées proféraient des cris injurieux panachés de bruits divers. Ces manifestations furent interdites le 7 février 1828.

  

Le maire Jean Toursière

    manie la perche

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La Croix Sainte-Maxence